 Photos perso et de Rémy prises lors du meeting de Nicolas Sarkozy au Zénith, le 18 mars. Après avoir assisté en tant que blogueuse (où un espace avec PC et wifi nous était dédié) au meeting de Nicolas Sarkozy dimanche dernier au Zénith de Paris, où Martin Solveig a su créer une ambiance de liesse digne d'une grande boite de nuit (Il avait l'expérience de cette salle pour y avoir déjà fait un concert), je me suis demandée en quoi la musique et la politique étaient si intimement liées.
Je pense que l'on peut distinguer plusieurs "catégories" de musiques ayant un lien avec la politique.
1- Les productions politiques: Hymnes nationaux et chansons des candidats
Tout d'abord, les hymnes nationaux qui sont apparus au XVIIIème siècle avec le "God save the King" qui avait pour but d'exprimer l'unité qu'une conscience nationale. Peu après est née la Marseillaise (d'ailleurs présente à la fin de tous les meetings de l'UMP, alors que les journalistes signalaient sa présence pour la première fois la semaine dernière à la fin d'un meeting du PS, savez vous pourquoi cette pratique n'est pas identique ?). Les paroles dans le cas de la Marseillaise ont plus d'importance que la mélodie pour exprimer un discours politique. La musique est alors un instrument d'expression d'une forme d'opposition, de révolte.
C'est sans doute dans cette catégorie de production politique que l'on peut classer les chansons sorties pendant la présidentielle. Ces chansons basées sur des paroles plus que sur des mélodies, n'auraient pas existées d'elle même si ce contexte politique ne les avaient pas inspirées.
2- les productions artistiques: chansons engagées et communication de valeurs:
Certains chanteurs vont utiliser la musique pour porter leurs messages "politiques" personnels. On parle alors de chansons engagées .C'est le cas par exemple de l'irlandais Bonno du groupe U2 qui a voulu utiliser son nom et sa musique pop rock pour attirer l'attention sur l'urgence d'annuler la dette des pays africains. C'est dans la même lignée que je classe la chanson de Faudel "Mon Pays", porteur d'un message d'amour pour la France :enfant d'immigrés,né en France, il se considère et il mérite d'être considéré comme un Français comme les autres. Il va plus loin en s'affichant aux côtés de Nicolas Sarkozy. Une façon alors de dire que "qui a des idées qui se ressemblent s'assemblent", que Nicolas Sarkozy considère les enfants issus de l'immigration comme des français à part entière. Lors du dernier meeting du Zénith, il a dépassé l'étape de la seule chanson engagée, en prenant la parole pour afficher clairement son soutien à l'homme avant même ses idées . Ce n'est qu'en-suite qu'il a chanté un extrait de sa chanson engagée. La vidéo ici. Alors que les Hymnes nationaux veulent faire adhérer autour d'un idéal d'unité, les chansons engagées veulent faire adhérer grâce au processus d'identification des identités multiples qui composent chaque individu.
Dans quelle catégorie classer les interventions des DJ Martin Solveig et Michaël Canitrot dimanche dernier ? Dans une nouvelle catégorie, celle qui n'a pas pour but de politiser la musique, mais d'esthétiser la politique. La musique devient alors un instrument marketing qui ne communique pas des idées (mots) mais des valeurs. Les valeurs de la jeunesse: Liberté et rêve/espoir en un avenir meilleur et Amour ont été mises à l'honneur. Pas besoin de mots mais des décibels/sons pour exalter la liberté. Il est à noter que cette valeur de liberté (personnelle et liberté d'entreprendre) est au coeur du projet de Nicolas Sarkozy. De même dans son discours il parle de rêve et d'amour en citant Martin Luther King et son célèbre "I got a dream" et Antigone " Je ne suis pas là pour partager la haine,je suis là pour partager l'amour" ...à mettre en relation avec les paroles de la chanson "Be the love generation" de Martin Solveig... L'impact était alors d'autant plus important que le produit (idées via un discours) et le packaging (musique) étaient en adéquation.
D'une façon plus générale, la force de la musique est d'être porteuse de souvenirs communs. Qui ne se souvient pas sur quelle musique il a dansé son premier slow :) Cécilia Sarkozy qui a mon avis (qui n'engage que moi) doit-être à l'origine de ce choix musical (comme elle l'a déjà fait en invitant Bob Sinclar a un précédent meeting jeune) a sûrement voulu que l'on garde de cette journée plus qu'un discours, une émotion commune. Elle a bien compris que le futur président de la république sera celui qui aura su le mieux communiquer sur ses idées mais aussi séduire sur un plan plus émotionnel.
Pour finir, ma vidéo de Martin Solveig qui a su adapter sa musique au contexte d'un meeting. Ecoutez par quel nom les jeunes présents ont remplacé le titre de la chanson Jealousy, accompagné du sourire du DJ qui montre que cela ne doit rien au hasard. C'est d'ailleurs à partir de sa chanson Madan qu'était né le célèbre "Zidane il va gagner" ... Au delà de cette analyse à froid, cela restera un super souvenir. Chapeau bas l'artiste !
Vous voulez en voir plus ? La vidéo de Vincent qui synthétise avec son regard de "blogueur en chef" l'ensemble de cette journée. |