22 octobre 2009 : Accord de partenariat entre Bing, Google et Twitter.

Pourquoi Google et Bing cherchent à agréger les données des réseaux sociaux ? Officiellement à court terme, pour vous permettre d’avoir des réponses plus exhaustives en agrégeant aux réponses du référencement naturel et payant celles des réseaux sociaux. Aussi officiellement pour avoir des réponses « fraiches » (on parle de « real time search results »). Ma conception (qui n’engage que moi) est qu’en vérité si l’on regarde à moyen terme, c’est une façon d’agréger encore plus d’informations sur nous. Comme l’indiquait Lev Gleizer « la meilleure façon d’apporter la meilleure réponse, c’est de connaitre le contexte de la recherche », et Sébastien Badault de confirmer « on ne travaille pas sur le texte, mais sur l’intention ». Lorsque l’on fait une demande sur un moteur de recherche, la question pour eux n’est plus de connaitre les réponses exhaustives à nos questions (ils les ont déjà) mais bien de comprendre qui nous sommes pour nous donner LA réponse ultime qui répondra à notre attente. Celle qui nous fera gagner du temps et fera du moteur de recherche LE meilleur à l’échelon mondial.


Quel est le futur business model des moteurs de recherche ?

Alors que pour Yandex 60% de leurs revenus sont encore assurés par le search, ils ne représentent déjà plus que 30% pour Google. Si Google a perdu la bataille du search en Russie, a-t-il perdu la guerre ? Non, car Google a bien compris que l’avenir n’était pas dans leur métier d’origine. Que recherchent les marques ? Pour quoi sont-elles d’accord de payer plus ? Pour mieux connaitre leurs cyber-consommateurs. Pour avoir un ciblage plus fin lors de leurs campagnes publicitaires sur le net qui leur permettra de gagner plus en investissant moins. Et qui va être en mesure de répondre à leurs attentes ? Les moteurs de recherche. Encore une fois cette vision n’engage que moi.


Je partage la vision de Todd Defren (réputé pour être un visionnaire dans l’analyse des réseaux sociaux) qui dans son billet du 11 novembre « The Future of Marketing » indique que la bataille du futur se fera entre Google et Facebook (et Twitter) « it’s not just the fact that they have critical mass, but that that critical mass comes at a time when Social Networks are not just destinations (a la the old AOL and MySpace), but are becoming integral to the holistic Web Experience. ». Comme vous le savez, un lieu d’expérience est aussi un lieu d’influence et donc un lieu d’influence d’achat. Il indique que dans le futur, nous pourrons identifier des micro réseaux-sociaux et leurs influenceurs, tout comme les influenceurs de ces influenceurs. C’est le cas par exemple aujourd’hui avec les « followers » sur twitter.


Pour aller encore plus loin dans mon approche, il me semble que Google (ou le moteur de recherche qui remportera cette bataille sur la connaissance des internautes) pourrait à terme se passer des réseaux sociaux puisqu’il sera en mesure de connaitre chacun de nous en se passant de nos influenceurs. Le terme de One2One marketing prendra alors tout son sens. Il sera alors à même de monétiser non plus uniquement nos recherches mais bien de monétiser la connaissance qu’il a de chacun de nous auprès des marques à une échelle mondiale. A l’heure où l’on parle de l’intérêt de faire de la qualité sur internet et de savoir cibler ses clients, Google pourrait avoir la réponse ultime.


9 juillet 2009 : Nathalie Kosciusko-Moriset (NKM) présente à la CNIL sont projet de « droit à l’oubli ».

Notre Secrétaire d’Etat chargée de la prospective et du développement numérique qui affirme dans un communiqué de son secrétariat que « Les activités et les déplacements des individus ne doivent pas être surveillés » et qu’ils font bien donc bien partie de la vie privée. NKM dit cibler tout à la fois les pirates usurpateurs d’identité et les industriels qui sont les bénéficiaires de cette porosité entre vie publique et vie privée sur internet et dans les magasins (avec le suivi des achats via les puces RFID). Je souhaite à notre « Jeanne d’Arc » du web nationale d’avoir les épaules assez larges lorsqu’il s’agira de défendre ses idées et notre vie privée face à Google.