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Hier soir, dans le cadre de la soirée hebdomadaire des blogueurs, l'ancienne ministre de l'écologie, députée européenne Roselyne Bachelot nous a fait la gentillesse de venir nous faire partager son expérience en matière d'écologie.
Une semaine après le salon de l'agriculture, nous avons bien entendu parlé des relations entre les agriculteurs et l'écologie en abordant le sujet
des OGM et de pesticides. Vincent  Ducrey a d'ailleurs fait remarquer que sur Débats Sarkozy, le développement durable était un des 3 sujets les plus discutés par les internautes. La question de cette semaine depuis Second Life portait ce soir sur la position de Nicolas Sarkozy sur les biocarburants. Du côté des questions plus personnelles, Dominique, un blogueur suédois n'a pas hésité à demander si l'écologie était un sujet abordé avec sincérité dans cette période électorale, avant de lui remettre des propositions issues d'actions réalisées en Suède.

Pour ma part, je n'ai pas pû m'empêcher de jouer ma féministe en lui demandant s'il y avait des domaines réservés aux femmes en politique comme celui de la famille ou encore de l'écologie, mais aussi si l'écologie était de gauche. Sa réponse en images :


l'écologie, un ministère féminin ?
envoyé par Leblogdemarilyne

Le script notamment pour les personnes malentendantes ou sourdes:
Roselyne Bachelot :C'est vrai que comme l'écologie est un ministère méprisé jusque là, il était souvent un ministère confié à des femmes. Parce que l'on n'estimait pas que l'écologie était un ministère important. Et d'ailleurs comme un certain nombre d'activités annexes, mais pas seulement j'allais dire dans l'organisation gouvernementale. Souvent dans les conseils municipaux ou dans les conseils régionaux ou généraux, les questions les questions environnementales étaient confiées à des femmes parce que ça c'est pas trés important. Alors Nicolas Sarkozy a dit que le 1er des ministres après le premier ministre serait le ministre d'état en charge de développement durable (écologie, équipement, industrie), ce serait une belle occasion de dire que ce grand ministère serait confié à un homme. Mais je devines qu'il veut le confier à un homme alors que ce serait une bonne occasion de la confier à une femme. Il serait enfin à sa première place. Vous m'aviez posé une autre question juste avant ?
Marilyne: Est-ce que l'écologie est de gauche?
Roselyne Bachelot: Alors, tout dépend de la définition que l'on donne de l'écologie.L'écologie, vous savez écolo, c'est la maison en grec. L'écologie c'est le rapport de l'homme avec son milieu. C'est tout l'ensemble de la biosphère , les systèmes qui font interargir les éléments du vivant les uns sur les autres. Tout dépend la vision qu'on a des rapports du vivant avec les autres systèmes. Il est vrai que ce qu'on appelle la vision -excusez ce terme un peu complexe- la vision Sauteriologique, qui dans notre culture occidentale Judéo-chrétienne a inflencé la pensée, c'est à dire que le christ il est venu pour sauver les hommes. Il est venu pour sauver personne d'autre, ni les chiens, ni les rochers, ni les arbres. Il a installé l'Homme comme le détenteur de la création. Comme le maître de la création. Donc l'Homme est le maître de la nature dans ses missions religieuses et la nature n'est là que pour qu'il en jouisse. Et s'il doit préserver l'environnement, c'est surtout pour finalement en tirer le maximum de plaisir. Et puis, il y a au contraire une vision qui est ce que l'on appelle aux Etats-Unis l'écologie profonde (la deep ecology) qui dit qu'il n'y a pas de hiérarchie dans le vivant. Que vous n'êtes pas supérieur au moindre des vers de terre, au moindre des rochers. Il y a même des gens qui ont dit, après la libération des noirs, la libération des femmes vous passez maintenant à la libération des arbres. Et la question a été posée par toutes sortes de juristes: Un rocher est-il un sujet de droit? ce sont des débats tout à fait intéressants. Il faut bien avoir la notion du débat des idées dans ce domaine. Il faut bien savoir comme disent les psychanalystes, d'où on parle. Parce que c'est ça la différence fondamentale entre l'écologie de surface, l'écologie environnementale et l'écologie profonde qui ne fait pas de différence entre les êtes animés (tout particulièrement les hommes) et les objets inanimés. Pour ma part, je ne suis ni d'une école, ni de cette école, ni de l'école de l'écologie profonde. Je pense qu'il y a  en effet une importance de l'Homme. J'ai  une écologie humaniste, j'ai une vision humaniste, mais l'homme n'est pas le maître de la nature. Il en est simplement le garant et le gérant, et il a des comptes à rendre. Et c'est sans doute ça la vrai vision de l'écologie de droite. Certes la nature c'est l'homme qui la nomme, et c'est l'homme qui lui donne donc une existence, mais il a des comptes à lui rendre, et il ne peut pas l'utiliser que pour sa propre jouissance.

Le député-maire Yves Jego , lors de l'émission d'Europe 1 est favorable à une taxation de produits étrangers qui ne respectent pas -lors de leur fabrication - de normes écologiques. C'est notamment le cas de certains produits à bas coût venant de pays asiatiques . Il met le doigt sur un sujet cher aux  électeurs de droite : la compétitivité de nos entreprises nationales. En effet, nos entreprises sont fortement concurencées  puisqu'elles respectent des normes de qualité qui vont venir grêver leur  prix de revient, et donc le prix de vente final de nos produits. Dans un contexte d'économie mondialisée, cette taxation sur les produits étrangers nous permettrait de rétablir une concurrence "plus juste". Un rempart idéologiquement acceptable, alors que les quotas ne l'étaient plus ( la fin des quotas sur les produits Chinois à destination de la France  il y a deux an a entrainé de nombreux licenciement dans le domaine  par exemple du textile, mais aussi des arts de la table - Porcelaine de Limoges).

Ma 1ère question est alors de savoir quel serait le montant de cette taxe ( serait-ce un pourcentage du prix de revient du produit )? ce montant devant être acceptable pour les consommateurs français qui ont déjà vu leur pouvoir d'achat baisser ces dernières années. Les français se sont dirigés vers les produits des enseignes nationales comme Auchan ou Carrefour qui jouent la carte des 1ers prix. Il faudrait alors faire attention que cette taxe ne se retourne pas contre les consommateurs français les plus modestes. Une taxe de 10 à 15% du prix de vente du produit étant alors à mon avis la barre haute de cette taxe. C'est en effet souvent le pourcentage qui sépare le prix d'un produit importé d'un produit français.

Ma seconde question est de savoir quels seraient les moyens dont disposerait l'état  (notamment les services de la Douane à l'échelon Français et Européen) pour aller évaluer quand un produit arrive en France qu'il est écologique ou non . Quels critères ? Quels moyens de vérification dans les pays producteurs ? Quelles formations pour les "évaluateurs" ? Quelle échéance de mise en place de cette taxe ?