C'est avec un grand plaisir que j'ai découvert sur le site du magazine Marianne une interview de Chrystel Sombert Sombret, militante UMP. Pour une fois, on peut percevoir la véritable ambiance qui règne à l'UMP: Modernité, esprit d'ouverture mais aussi lucidité et esprit critique... Voiçi l'article de François Vignal qui semble avoir été séduit par cette jeune femme que l'on a pû découvrir lors de la caravane de l'été de l'UMP: Chrystel, militante à mi-temps
A 10 ans, son grand-père lui faisait découvrir les couloirs de l'Assemblée nationale. Aujourd'hui, cette institutrice tracte sur les marchés pour son député UMP Yves Jego. En Sarko, elle voit l'avenir. Son présent, une vie de militante. A mi-temps.
Peau bronzée, jean à la mode et coupe de cheveux impeccable, Chrystel Sombret semble davantage sortir des beaux quartiers que d'Aubervilliers. Cette jeune militante UMP – 27 printemps au compteur – n'est pourtant pas dans la finance mais est institutrice en Seine-et-Marne, à mi-temps. « Je pourrai ainsi m'investir plus facilement pour les campagnes présidentielles et législatives. Si je militais en travaillant à temps plein, je n'aurais plus de vie », justifie la jeune femme.
Elle va pourtant consacrer une bonne part des mois à venir à la politique. D'abord pour faire la campagne des législatives pour le député sarkozyste Yves Jego. « Un homme remarquable », rencontré lors des « réunions tupperwares » – des rencontres chez l'habitant – qu'il organisait dans sa circoncription. Puis pour soutenir Nicolas Sarkozy, évidemment. « C'est lui qui m'a poussé à prendre ma carte, en 2002. Je n'aimais pas vraiment l'image de l'UMP sous Alain Juppé. »
Encore une militante de la génération Sarkozy, cette génération spontanée de nouveaux militants UMP ? Pas tout à fait. Les racines politiques de Chrystel Sombret remontent plus loin. Du côté d'un grand-père dans l'Yonne : « Résistant, gaulliste, RPR, chiraquien…c'est lui qui m'a initié. Il était adjoint RPR à Joigny. Très tôt, il m'a fait découvrir l'Assemblée », se souvient-elle. De 10 à 14 ans, elle fréquente les murs du Palais Bourbons accrochée à la main de son grand-père, l'accompagne lors de déjeuners. « Je les entendais parler. C'était passionnant. »
« Il faut se battre contre soi-même »
Résultat : Chrystel est aujourd'hui déléguée nationale aux jeunes de l'UMP, en charge du pôle formation et a participé à la caravane de l'UMP, l'été dernier. Mais même avec toute la volonté du monde, le travail de militante demande une certaine abnégation. Surtout quand on a la vingtaine : « il ne faut pas sortir trop tard le samedi soir pour ne pas avoir une tête de folle le dimanche matin en tractant au marché ! » plaisante-t-elle. Le ton plus grave, elle admet qu'elle voit moins ses amis, sa famille. « Il faut se battre contre soi-même. C'est un vrai sacrifice mine de rien. » Puis l'air de se rassurer, ajoute : « Mais mon équipe est adorable. »
Et il y a « Nicolas. » Son gourou ? Elle s'en défend. « Je ne suis pas midinette, il ne m'intimide pas, » avant d'avouer « sauf quand il parle en vous regardant dans les yeux. » « Il dégage une aura, un magnétisme et une énergie incroyable. Il sait motiver ses troupes. Après, vous pourriez travailler toute la nuit ! » Le sarkozysme est une foi sans limite.
Etre militante dévouée, ne signifie pas être dénuée d'idées. Chrystel se sent « très écolo » et souhaite que l'UMP s'engage davantage sur ces questions. Dans un élan trotskiste, elle explique même qu'« il faut être infiltré en politique si on veut faire bouger les choses. » Comme la place des femmes ? « La politique est un milieu de requins. Quand tu es une nana, ce n'est pas simple », reconnaît-elle, lucide. C'est pourquoi elle était pour la parité. « Au moins le temps de trouver un équilibre homme-femme. » Son parti ne va pourtant pas le respecter pour les législatives. Normal pour elle : l'UMP « manque de femmes » et « une femme a plus de mal à sacrifier sa vie de famille. Alors qu'un homme peut le faire plus facilement. » Du féminisme version UMP sans doute.