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J'ai trouvé particulièrement intéressante l'émission 5 ans avec ..Nicolas Sarkozy, hier soir sur M6, parce qu'elle mettait en lumière l'homme et non pas forcément le candidat. Parce que justement, il a eu moins de facilités à se raconter que François Bayrou le 18 février. Paradoxalement, j'ai aimé sentir pour une fois en lui des faiblesses. J'ai senti un parallélisme entre sa façon d'être et la mienne, cette façon de toujours dire "tout va bien" pour ne pas avoir à se dévoiler. Il se nourrit de l'amour des gens qui l'entourent et le plébiscitent, et il a peur qu'en disant que parfois cela ne va pas, les gens s'éloignent de lui. Il sait que l'on préfère toujours ceux qui ont le vent en poupe, de ceux qui connaissent des coups de blues. Il cherche tant à se cacher, que cela peut donner de lui une impression de supériorité ou de dureté: 86% le trouvent autoritaire, 74% trop ambitieux, 53% inquiétant. Il est intéressant d'écouter ce que disait de lui Marina sa maquilleuse en off sur NSTV début janvier. "L'homme en coulisse n'est pas du tout celui que l'on voit sur scène . En dehors c'est quelqu'un qui a beaucoup d'humour, qui est plutôt détendu, qui rigole beaucoup, qui est plutôt sympathique"

Il y a d'un côté ce qu'il a voulu nous montrer  ou nous vendre  hier encore :
Il a voulu mettre en avant l'adéquation entre les deux valeurs qui guident son programme et sa vie:
Le travail: "C'est pour cela que le travail fait partie de mon programme, parce qu'il fait partie de ma vie"
La liberté: " Je n'ai été heureux que quand j'ai été libre". Sous entendu qu'il n'était pas libre plus jeune quand il ne s'assumait pas financièrement.

Et ce qui transparaît de l'écran, et qu'il cherche à cacher:
On sent qu'il a du mal à parler de lui, à se confier sur sa vie privée, à l'inverse de François Bayrou.

Quand il fait visiter aux journalistes sont bureau du ministère de l'intérieur, il préfère conter les moment heureux (rencontre avec Lionnel Richie) que les moments malheureux, pour mieux se protéger. On remarque qu'il est stressé -alors que ce n'est que son bureau- que  les journalistes puissent mettre en lumière sa vie personnelle: les signes :  Il a les mains dans les poches, puis sur les hanches ... il cherche à minimiser l'influence de sa vie personnelle sur sa vie publique, en disant qu'il n'y a que très peu de choses personnelles dans ce bureau, et pour décrire ces objets il utilise le mot " petites choses qui sont à moi" pour en diminuer leur importance.

On perçoit aussi, alors que les deux animatrices montrent les photos de son enfance, que sa posture est très différente de celle de François Bayrou. Il a l'air soulagé alors que chaque photo apparaît, un "ouf, rien de grave", alors que François Bayrou était en demande de nouvelles photos. Cela vient sûrement du fait qu'ils n'ont pas vécu la même enfance. On voit enfin que lorsque l'on parle de la séparation de son père avec sa mère quand il avait 5 ans, il ne rigole plus du tout.

 Sa force d'avancer réside maintenant dans la famille qu'il a construite et en Cécilia que Vincent Ducrey, nomme "la clés du succès" en titre d'une photo d'elle (ci-jointe) prise au congrès du 14 janvier, entourée de ses 2 filles. Quand la journaliste de M6 demande à Nicolas Sarkozy quelle place elle occupe et quelle place elle occupera, il ne tourne pas autour du pot comme a pu le faire Ségolène Royal sur TF1 à propos de son compagnon. Il répond sans hésiter "capitale" et plus loin " on parle de tout, plusieurs fois par jour " " mais ce n'est pas officiel" " je lui fait une confiance totale". le signe qui ne trompe pas à se sujet: il passe son temps tout le long de l'émission à tourner et caresser sa bague de mariage, un symbole de réassurance.


Je pense que si Nicolas Sarkozy veut mieux faire passer ses messages auprès des femmes, il ne doit pas jouer la carte de la séduction comme ont pu le faire Jacques Lang et Jacques Chirac. Je me souviens de cette photo estivale de Nicolas Sarkozy très travaillée, ou il apparaissait en séducteur, avec une veste noire et une chemise blanche ouverte, adossé à un arbre, avec Cécilia au second plan. Pour répondre à la demande de sincérité que les femmes attendent de lui, il ne doit pas à mon avis jouer la carte de la séduction qui ne lui correspond pas, mais le paradoxe force/volonté extérieure et tendresse intérieure pour faire appel à l'instinct de protection féminin.  Pour que sa faiblesse devienne une force:
Comme il le dit si bien dans cette émission " Je ne suis pas meilleur, je suis différent".

Rajout du 1er mars: Etonnée de voir que Jean-Pierre Raffarin écrive (avec certes une plume plus affinée) à peu près la même chose que moi, voici un extrait de son livre à paraître le 6 mars dans le chapitre "dur et chaleureux"  : "La séduction est un registre obligé du politique, tous les présidents ont inventé leur manière. Chirac, c'est la séduction directe, cela fait partie de sa personnalité.[...]Nicolas, je te sens plus en courant alternatif sur la question [...]cela dit, et en ce domaine particulièrement, il faut éviter de forcer sa nature. [...]Bien sûr on peut améliorer son look, ses attitudes, sa gestuelle, mais on doit être soi-même .[...] ta force est ton authenticité "